Une arrivée sur les jantes !

Vientiane, le 28 février 2016

Le Laos marque un tournant dans notre périple. Après 6 mois de voyage nous sommes maintenant sur la « pente » du retour. C’est aussi pour nous l’apprentissage d’un mix entre vadrouille à vélo et trajets de bus pour gérer les immenses espaces qui nous attendent dans les prochains pays au programme.

Nous sommes donc arrivés au Laos par son extrémité Sud (cf. article : « le temps c’est de l’argent! »). L’occasion de visiter la zone dite « des 4000 îles », sorte de delta intérieur formé par le Mékong à cet endroit.

Le Mékong des "4000 îles"

Le Mékong des « 4000 îles »

La beauté des lieux, le besoin de souffler un peu, après 8 jours de route bien fatiguants, et surtout la rencontre avec une autre famille française de globetrotters (vous pouvez visiter leur blog ici ) feront de cette pause un moment magique!

Inès, Joseph et Albane ont passé leurs journées à faire des cabanes en bambou sur le bord du Mékong avec Joséphine, Céleste et Robinson.

Robinson, Joseph, Albane, Céleste, Joséphine et Inès

Robinson, Joseph, Albane, Céleste, Joséphine et Inès

De notre côté nous avons partagé nos expériences avec Frédérique et Julien en sifflant quelques bières et smoothies fruités dans des paillotes surplombant le fleuve.

La belle vie !

La belle vie !

Nous sommes à 850 km de Vientiane, la capitale du pays, où nous devons impérativement passer pour essayer d’obtenir nos visas pour la Chine. Nous souhaitons aussi visiter le haut-plateau des Bolovens  en cours de route et une partie du Nord du Laos après Vientiane. Nous prenons donc la décision de zapper quelques portions du monotone bitume de la « route 13 » pour prendre le temps de vadrouiller où nous le voulons. Expérience mitigée comme vous le constaterez ci-après!

Notre premier lift en bus local se fera au pied levé (ou plutôt en agitant la main de haut en bas, comme on le fait ici) sur le bord de la route à 80 km au sud de Paksé. Puis nous embarquerons dans un gros tuk-tuk pour atteindre le plateau des Bolovens.

Un petit lift en tuk-tuk

Un petit lift en tuk-tuk

Nous voilà partis pour 4-5 jours de balade à vélo dans des paysages superbes avec des cascades majestueuses et des plantations de café très intéressantes à découvrir.

Sur le plateau des Bolovens

Sur le plateau des Bolovens

Les chutes de Tad Yuan

Les chutes de Tad Yuan

Les chutes de Tad Lo

Les chutes de Tad Lo

A la découverte du caféier

A la découverte du caféier

Nous aurons même l’occasion de dormir dans une hutte en bois à côté d’une chute d’eau au cœur d’un bout de jungle. Magique!

Dans notre cabane

Dans notre cabane

Le plateau n’est pas si plat que cela et les côtes sont bien rudes à gravir par 38°C. Toutefois nous ne regrettons pas d’avoir troqué des km de bitume plat contre ces magnifiques journées !

De retour à Paksé après cette belle boucle, nous prenons un bus pour Savanakhet, où nous pourrons retrouver une petite route qui longe vraiment le Mékong. Le bus était sur le point de partir et nous avons à peine eu le temps de glisser nos vélos dans les grandes soutes, que le bus roulait déjà. 7 heures de trajet pour un peu plus de 200 km. A 21h, le chauffeur nous dépose à 30 km de la destination, parce que son bus ne va pas vraiment à Savanakhet en fait … S’en suit une sympathique discussion tout en sourire (c’est la règle ici ) dans laquelle notre « ami » finira par louer à ses frais un petit camion plateau pour nous déposer dans la ville convenue!

Au bord du fleuve, la route est moins goudronnée, donc un peu plus physique mais vraiment sympathique.

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Quand il y a trop de fech-fech dans les creux, il faut pousser son vélo !

C’est la période des grandes fêtes bouddhiques en ce moment. D’immense fêtes « foraines » avec des murs d’enceintes hallucinants font trembler les rives du fleuve (et la toile de notre tente) jusque tard dans la nuit.

Bivouac chez l'habitant au bord du Mékong

Bivouac chez l’habitant au bord du Mékong

Le lendemain, après une quarantaine de km parcourus avec le vent de face, nous remarquons qu’il manque l’habituel sac rouge sur le vélo de Joseph… Et M… il a dû glisser du vélo en cours de route. Antoine fera un bon bout de route en sens inverse par acquis de conscience et sans succès. Bilan des pertes : un sac étanche, un duvet et un matelas (par bonheur celui qui avait un défaut d’étanchéité et pour lequel on attend son remplaçant à la Poste Restante de Vientiane).

Encore quelques belles journées de route et nous voilà en approche de Vientiane. Nous décidons de prendre à nouveau un bus à Paksang pour « gagner » les 150 derniers km et nous donner le temps de l’obtention du visa chinois (5 jours) à Vientiane.

Mais voilà, en arrivant à la gare routière de la capitale, surprise: nos vélos ont disparu !

Non, c’est une blague 😜! Nous avons « juste » les 2 pneus avants des grands vélos complétement cisaillés sur leurs flancs 😖…2 pneus d’un coup, on n’y serait pas arrivé tout seul! En fait, c’est le frottement sur une barre en métal de la galerie du bus qui les a sciés !

Grrr !

Grrr !

Nous sommes dégoûtés, car nous avons bien 1 pneu de rechange au cas où, mais pas 2 … Nous voilà contraints à prendre un tuk-tuk pour rejoindre le centre ville.

Loi de Murphy oblige, la guesthouse identifiée n’est pas du tout comme prévue, plus chère qu’attendue, la seule chambre disponible au 4ème sans ascenseur… et nous sommes incapables d’en changer car incapables de nous déplacer avec tout notre barda et nos vélos en carafe… Argh! 6000 km à vélo sans une vraie crevaison et il suffit de 150 km de bus pour exploser nos pneus ! Quelle frustration pour nous et notre habitude d’autonomie ! Pas de chance cette fois!

Allez au dodo, demain est un autre jour.

Le lendemain commence par la paperasserie nécessaire pour l’obtention du visa chinois. Je vous passe les détails mais c’est sportif et fastidieux… Deux allers-retours au consulat à 5km du centre-ville (avec le petit vélo d’Inès) seront nécessaires pour produire toutes les pièces, y compris de vrais-faux billets de bus en lieu et place des billets d’avion, que nous ne pouvons évidemment pas produire. Alea jacta est: résultat des courses dans 5 jours !

Après avoir fait le deuil de nos supers pneus, nous équipons nos vélos avec un pneu made in « bad quality »… Il faut juste que cela tienne jusqu’au Vietnam, où nous nous faisons livrer les remplaçants (au passage un immense merci à Rando boutique pour leur réactivité et leur efficacité).

Nous pouvons enfin changer de logement et profiter de 5 jours de repos et de préparation pour la suite de notre périple…

Aurons-nous notre visa pour la Chine ? Qu’allons-nous faire à Vientiane pendant 5 jours ?

Affaire à suivre …

Le temps c’est de l’argent !

Vientiane – Laos, 26 février 2016

Notre arrivée au Laos commence bien sûr par le passage de la frontière depuis le Cambodge. Nous passons par les postes de Tra Preng Kriene (Cambodge) / Nong Nok Khiene (Laos). C’est ici que nous obtiendrons notre « Visa On Arrival » pour le Laos.

Premiers contacts un peu rugueux…

Les douaniers des 2 côtés ont pris l’habitude de racketter les touristes en ajoutant des « frais administratifs » ou « frais de tampon ». A cela s’ajoute les stands « sanitaires » qui proposent/imposent des contrôles de température pour quelques dollars et dans une totale ambiguïté entre le facultatif et l’obligatoire…

Nous avions révisé nos classiques avant d’arriver et étions bien décidés à ne pas « entretenir » le système. Nous avons donc zappé sans hésitation les fameux « stands sanitaires » pour aller directement aux postes de douanes. Voilà déjà une dizaine de dollars sauvée !

A la sortie du Cambodge, l’officier de service attrape nos passeports et nous demande avec le sourire 2$ par passeport pour le tampon de sortie. Un « No sir, it’s not necessary to pay for that » ferme et poli (et avec mon plus bel accent of course) suffira à obtenir les tampons. Mais sans sourire:  Les passeports me seront quasiment littéralement jetés à la figure…

A l’entrée du Laos, au bureau des visas une affichette annonce la couleur « VISA : 30$ + 1$ administrative fee ». Nous remplissons sagement les formulaires et tendons passeports, documents et les 5 x 30 $ réglementaires pour les visas.

« I need 5 more dollars for fees »

« Sorry sir, Visa is just 30 dollars, I’m not allowed to pay more »

« You don’t pay , no visa »

Je vous passe la suite du dialogue un peu répétitif, mais la formule « je ne suis pas autorisé à vous payer plus » qui marque notre refus mais l’adoucit un peu (c’est pas que je ne veux pas, c’est que je ne peux pas) + une bonne dose de patience, de parfaite politesse et de sourire, nous fera passer cette première étape. En effet, après avoir ostensiblement abandonné nos passeports sur le rebord de son comptoir, le douanier quitte son bureau sans même y toucher. De même, je laisse nos passeports à leurs places et nous nous installons avec les enfants pour une session d’apprentissage (nous aussi nous avons le temps). Au bout de 10 – 15 minutes, du coin de l’oeil, je vois nos passeports disparaître du comptoir. L’agent de service s’occupe visiblement de notre cas devant son ordinateur.

Une demi-heure plus tard, 2ème guichet, je suis appelé. Nos visas sont prêts. Bonne nouvelle. Le douanier chef m’informe qu’il ne reste plus qu’à mettre le tampon d’entrée au Laos. C’est 2 $ par passeport, mais gratuit pour les enfants. Donc 4 $ et l’affaire est réglée. Je l’informe de mon « impossibilité » de payer, et du fait que pour les adultes c’est gratuit aussi normalement. Pas de dollars, pas de tampon, le douanier garde nos passeports dans ses mains. Je lui indique que je « ne peux pas » payer et que je vais donc attendre sagement avec ma famille que l’on nous rende les passeports dûment tamponnés. Une demi-heure passe encore, aucun signe de vie, statu quo. Je retourne au guichet : douanier inflexible. Je l’informe que je ne peux pas attendre trop car, voyageant en vélo avec les enfants, il me faut encore du « temps de soleil » pour atteindre la prochaine ville en toute sécurité.

« You want passeport now, you pay. If you don’t pay, I give you passeport at 6 o’clock (comprendre quand le soleil se couche) » Notre douanier a senti que je ne maitrisais plus le temps, il s’engouffre dans la brèche…

« Ok sir, If you don’t give me my passeports in less than 15 minutes, it will be to late for my family to ride safely on the road. So we will be obliged to pitch our tent for the night on the grass here (en face du poste de douane). Is it ok for you ? Can we pitch the tent here ? « 

« … »

10 minutes plus tard nos passeports avec visas et tampons nous sont rendus, sans sourire mais poliment. Nous avons gagné la partie. Nous avions du temps et de la détermination. Satisfaction personnelle de s’opposer à ce système pourri.

Un beau visa au juste prix !

Un beau visa au juste prix !

Mais pour un touriste « retord » combien de touristes payent … ? En deux heures au poste frontière, tous les touristes que nous avons vu passer ont :

  • payé sans chercher à comprendre
  • payé en comprenant et en s’en fichant
  • payé après avoir vainement chercher à ne pas payer sans réussir faute de temps disponible…

Allez, vous le savez déjà, nous n’aimons pas les frontières !

Nous laissons le poste frontière derrière nous

Nous laissons le poste frontière derrière nous

Vite allons découvrir le vrai Laos, celui des sourires, de la douce nonchalance et du million d’éléphants.

Affaire à suivre…

Vous ne devinerez jamais ce que l’on a fêté hier !?! ;-)

Le Cambodge en images (série 3)

Dernière série de photos de notre parcours au Cambodge de Phnom Penh à la frontière du Laos.

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L’arbre et la pirogue

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En passant

Le Cambodge en images (série 2)

De Siem Reap à Phnom Penh en passant par Battambang.

Suite et fin de nos aventures au Cambodge à venir…

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6 mois de périple jour pour jour !

En cadeau nous vous offrons la mise à jour de la carte du trajet  : ici !

Le Cambodge en images (série 1)

Une sélection de photos de notre parcours au Cambodge de Poipet à Siem Reap (les temples d’Anglor).

La suite à venir…

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Suor sdei Kâmpŭchea* !

*Bonjour Cambodge!

Don Khon, Laos, 12 février 2016

Nous sommes maintenant au Laos, dans la zone dites « des 4000 îles ».

Voilà les apprentissages sont faits, le petit déj est pris et les enfants sont partis jouer avec Robinson, Céleste et Joséphine, leurs nouveaux copains Français, qui font un tour du monde « sac à dos » avec leurs parents Frédérique et Julien (leur blog ici)!

Nous avons fini nos derniers kilomètres au Cambodge en pirogue à moteur sur le Mékong pour éviter 65 km inintéressants sur une vieille bande de goudron  truffée de trous de bombes américaines.

Le Cambodge est derrière nous, il est temps de vous raconter ce que nous avons vécu pendant 1 mois dans ce pays…

Arrivés par la ville de Poïpet le 10 janvier, nous sommes immédiatement submergés par de nouvelles impressions et nous avons le sentiment d’entrer dans un autre monde… La frontière est toujours un moment délicat, mais Antoine s’était bien renseigné, et nous esquivons facilement les « faux » facilitateurs. Pendant qu’Antoine fait la queue devant le bureau des visas, j’observe et je ne sais déjà plus où donner de la tête. Ça grouille de monde dans tous les sens, sans aucune organisation apparente: des immenses charrettes à bras rudimentaires et ultra-chargées (sûrement le chargement d’un camion plus facile à faire passer à pied?), des « tuck-tuck » en veux tu en voilà, des motos à 3,4,5 passagers, d’autres chargées de poulets ou de canards têtes en bas, des jeunes serveuses de casino bien sapées et en talons marchant dans la boue, et des tas d’enfants poussiéreux. Ce jour là, il fait gris, une averse nous accueille: Bienvenue au Cambodge!

A la frontière, nous changeons de sens de circulation et retrouvons la conduite à droite. Super! Nous allons retrouver nos réflexes. Mais certains véhicules roulent à gauche…Bizarre… Et surtout tout le monde klaxonne allègrement. Nous n’y comprenons rien, mais redoublons de vigilance!

Nous profitons de la ville pour acheter quelques denrées, plus rares à trouver en milieu rural. Là nous hallucinons encore, nous pouvons payer en riels (la monnaie locale) mais aussi en dollars (qui est aussi utilisé que le riel au Cambodge) et même en baths thaïlandais. Mais le plus étonnant, c’est que dans la caisse des boutiques (le plus souvent une simple poubelle en plastique) toutes ces monnaies sont joliment mélangées, dans la plus grande normalité.

Chouette, l’arrivée au Cambodge c’est aussi les retrouvailles avec la baguette de pain, un des acquis de la colonisation française!

Pour la route, pas beaucoup d’alternatives, c’est parti pour la national highway 5! Des plaines immenses de rizières animées de buffles et de zébus s’ouvrent devant nous.

Entre Sisophon et Siem Reap, nous trouvons un temple pour la nuit. Une fois la moustiquaire installée dans la pagode, nous partons manger… Nous irons de surprise en surprise avec nos 3 enfants, à la fois ébahis et agacés de ne rien trouver à leur goût pour manger. Criquets grillés, poussins frits, serpents séchés, pattes de poules, œufs pourris, brochettes de crapauds fourrés et j’en passe… non merci, finalement nous prendrons juste du riz et des bananes: Bon appétit!

Arrivés à Siem Reap, le 13 janvier, nous sommes accueillis par Seyha et toute sa famille (réseau Warmshower)! Nous allons dormir plusieurs nuits chez lui, « à la cambodgienne », c’est à dire sous la moustiquaire, dans une cabane en bambou et sur pilotis au-dessus d’un étang. Dans le « jardin », les déchets de la famille un peu éparpillés et brûlés de temps en temps, font partis du décors. A la nuit tombée, la musique s’élève de nulle part et de partout, sans cesse, et surtout sans que cela ne dérange personne (???); au petit matin, les moines bouddhistes prennent le relais en psalmodiant… Pour moi ce sera la découverte… des bouchons d’oreilles !

Avec l’équipe de Goshen Adventures, la petite entreprise que dirige notre hôte Seyha, nous partons visiter les temples d’Angkor avec nos vélos et par des petits itinéraires « off the beaten tracks ». Superbes découvertes: la beauté des lieux, le raffinement des temples, c’est magique et même calme, malgré le flot des touristes. Nous passerons 3 jours à arpenter le site à vélo, sans nous lasser, enfin, nous les parents; parce que les enfants étaient quand même bien rincés en fin de journée. Cela ne nous a pas empêchés de profiter de belles soirées dont deux partagées avec Vincent et Jeanne, oncle et tante d’Antoine qui, par le plus grand des hasards, étaient à Siem Reap en même temps que nous. Après une soirée de retrouvailles au resto, nous avons aussi été ensemble nous émerveiller d’un magnifique spectacle du cirque Phare! Des clowns-acrobates très expressifs nous en ont mis plein les yeux, on en redemande !

Notre séjour chez Seyha et sa famille aura été très riche en rencontres et découvertes. Une première ouverture sur la culture khmer et l’église adventiste du 7ème jour (le papa de Seyha est pasteur). Nous sommes tous plutôt heureux mais fatigués de ces quelques jours. On ne devient pas Cambodgien si facilement: les conditions de vie nous ont semblé  un peu rudes, avec l’habituel trio : chaleur, poussière et bruit.

Nous quittons Seyha et sa famille à 6h du mat’ pour être à l’heure au départ du bateau qui remonte le Tonlé Sap à destinations de Battambang.

Le trajet s’avère très éprouvant: entassés dans un petit bateau surchargé et qui tangue dangereusement, les oreilles collées au moteur, nous naviguerons pendant 8h dans une bonne chaleur et sans pouvoir bouger. Mais ce que nous découvrirons au fil de l’eau vaut vraiment le voyage. Nous verrons des villages entiers flottants sur le lac Tonlé Sap, des « maisons de pêche » avec leurs grands filets à balancier, une église, des boutiques et toujours les fameux long tail boat : tout un monde vit ici.

Nous arrivons à Battambang sur les rotules, les enfants sont sur les nerfs et nous avec! Ce soir, nous sommes attendus à l’Association Francaise de Solidarité Cambodge, où nous serons joyeusement accueillis par Solène et les enfants. Elle nous fait visiter avec beaucoup d’enthousiasme l’internat permettant de scolariser des enfants défavorisés. Les enfants sont très avenants et nous passerons une très belle soirée en leur compagnie. le lendemain soir, nous les retrouverons pour leur présenter notre voyage avec traduction simultanée par le directeur du site. Cela se terminera par plein de questions et des tours de vélo couché dans la cour pour les plus téméraires!

Nous avons maintenant tous besoin de nous reposer pour « digérer » tout ce que nous avons vécu ces derniers temps. Grâce à Charles Vincent, français habitant Battambang (Merci Georges pour la mise en relation), et ses conseils avisés, nous trouverons un lieu paisible pour récupérer. Nous partagerons aussi un bon moment avec Charles, sa femme et leur fille Yaelle, qui sera une chouette camarade de jeux pour nos enfants. Nous profitons de ces quelques jours pour : ne rien faire, aller manger de succulents gâteaux au chocolat, plonger dans la piscine et surtout discuter avec nos enfants, qui étaient particulièrement difficiles ces derniers temps. Depuis nous avons mis en place un debriefing quotidien et quelques règles de vie en famille en voyage, et pour la suite du voyage tout a été de nouveau bien expliqué. Ainsi, nous repartons de Battambang, en forme et prêt pour poursuivre notre route vers Phnom Penh!

Du 25 au 28 janvier, nous retrouvons la national highway 5, et c’est sur cette route que :
-nous ferons notre 1ere expérience de nuit au poste de la gendarmerie royale (cf. article « And the winner is… »)
-nous atteindrons nos 5000 km juste avant d’entrer dans Kompong Chhnang
-nous ferons notre record de distance journalière avec 96 km au compteur en arrivant à Phnom Penh dans la poussière de la route en réfection (cf. article « Pour un sourire d’enfant »)!

A Phnom Penh, après la visite marquante et vivante du centre PSE (re cf. article « Pour un sourire d’enfant »), nous irons à la rencontre du passé Cambodgien en allant visiter l’ancien centre de haute sécurité S21. Dans un ancien lycée, les Khmers Rouges avaient mis en place une horrible et folle machine de torture et d’extermination. Difficile de décrire l’horreur perpétrée par cette organisation. Joseph et Inès ont été particulièrement attentifs. Ils savent maintenant ce que signifie « génocide ». Au Cambodge, c’est près d’1/3 de la population qui est morte de malnutrition, de mauvais traitements, ou plus cruellement qui a été tuée entre 1975 et 1979. Nous avons beaucoup parlé avec nos enfants des Khmers Rouges, de leurs actions et des répercussions sur le Cambodge d’aujourd’hui.

Lundi 1er février, nous quittons la capitale, pour remonter le Mékong. Nous en rêvions, nous y sommes! Assez vite nous quittons la route nationale, pour des petites routes et parfois des pistes bosselées et poussiéreuses. Les paysages sont magnifiques: maraîchage et bananeraies se succèdent. C’est très peuplé, il y a de nombreuses habitations en bois sur pilotis. Nous vivrons aussi notre 2ème nuit au poste de police. Heureusement, entre les temples et les postes de police, nous trouvons aussi des petites guesthouses et même une « pizzeria bretonne » pour nous requinquer!

Arrivés à Kroch Chhma, nous cherchons comme d’habitude un endroit pour la nuit, un vieux monsieur vient à notre rencontre et nous offre l’hospitalité. Comme beaucoup d’anciens, il parle un peu français. Nous vivrons une expérience inédite avec Cong Thon, sa femme et tous ses voisins. Cela commencera pour les filles, par un « bain » en sarong dans le jardin, avec l’eau de la pompe à main, et sous le regard attentif d’un zébu. Puis Joseph partira chercher un coq en moto pour la soupe du soir. Il en reviendra fier comme sa victime ! Et pour finir nous dormirons tous ensemble, avec nos hôtes, dans l’unique pièce de la cabane sur pilotis!!! Nos hôtes de près de 70 ans dormant sur de simples nattes, on se trouve un peu chochotte avec nos matelas auto-gonflants!

Faute de routes, nous serons ensuite obligés de quitter le Mékong à Sandan pour nous enfoncer vers l’intérieur des terres le long de la route nationale. C’est plat, sec, très peu peuplé et brulé. Les paysages sont vraiment désolants et on décrypte une plus grande pauvreté encore. La route est particulièrement dure et inintéressante, et pour couronner le tout on a le vent de face! Grrrrrr! Nous sommes bien contents d’arriver à Stung Treng. Nous y retrouvons le fleuve et la perspective d’un bateau pour le Laos!

Nous sommes vraiment heureux d’avoir découvert le Cambodge, la richesse du patrimoine khmer et la beauté de ses paysages. Le sourire omniprésent des Cambodgiens et l’enthousiasme des petits comme des grands devant le passage de notre famille sur nos drôles de vélos ont aussi participé à nous faire apprécier ce pays particulièrement déconcertant et complexe. Ça n’a pas toujours été facile de se faire comprendre, n’y de trouver notre bonheur pour manger… Pour les enfants, il aura fallu faire des rattrapages de pancakes au Nutella, quand c’était possible !!!

Depuis le début de notre périple, c’est clairement le pays le plus éprouvant que nous ayons eu à visiter.

Tout cela en image très bientôt, c’est promis ! Demain nous reprenons nos vélos pour partir à la découverte du Laos!

[SONDAGE] And the winner is …

suite du sondage « Où avons nous dormi hier soir »

…ou plutôt « the winners are  » : Dan et Kiri , nos amis cyclotouristes américains dont nous vous avions déjà parlé ici et dont vous pouvez suivre les aventures sur leur blog: www.lowgearlife.com

Merci à tous les participants pour vos idées variées et bravo à Dan et Kiri!

Leur expérience similaire leur a permis de trouver la bonne réponse :

au poste de police !

En effet, à deux reprises nous avons du nous plier aux exigences des forces de l’ordre cambodgienne.

La première fois est arrivée alors que nous venions de poser nos sacoches dans une pagode au bord de la route entre Battambang et Phnom Penh. Un homme est arrivé à moto. Le moine qui nous avait accueilli nous explique alors dans son anglais rudimentaire, que ce monsieur est policier et qu’il souhaite visiblement que l’on dorme au poste pour notre sécurité. Nous remercions beaucoup et tentons délicatement d’expliquer que nous nous sentons en sécurité ici. Pour sauvegarder la face de tout le monde nous prenons le numéro de téléphone du policier et lui donnons le nôtre. C’est sûr, nous ne manquerons pas de l’appeler si nécessaire. L’affaire semble entendu et le policier repart avec sa moto.

15 minutes plus tard, voilà 2 jeunes qui arrivent et parlent bien l’anglais. Ils précèdent tout juste notre « ami » policier, qui est en fait gendarme, et qui revient avec sa tenue complète et 2 collaborateurs, dont un avec un fusil d’assaut, qui plait beaucoup à Joseph.

Nous sommes "très invités" !

Nous sommes « très invités » !

Nos jeunes traducteurs nous expliquent qu’il nous est très hautement recommandé de dormir au poste de gendarmerie pour notre bonne sécurité. Nous nous résignons donc à plier bagages non sans remercier notre hôte initial et le gendarme pour sa grande prévenance.

Photo souvenir avec les gendarmes

Photo souvenir avec les gendarmes

 

L’histoire de la deuxième nuit (passée dans un village au bord du Mékong au Nord de Phnom Penh), se déroule à peu de chose près comme pour la première, à ceci près, que nous nous retrouvons dans un poste de police et non de gendarmerie. Nous aurons aussi la joie de remplir une sorte de rapport de police avec les principales informations de nos passeports. La difficulté étant que notre homme de service ne maitrise visiblement pas bien le processus, et que nous aurons à remplir nous-mêmes un tableau avec des entêtes de colonne en khmer … nous remplissons donc les cases « au petit bonheur la chance ».  Nous installons nos vélos et notre moustiquaire en plein milieu de la pièce centrale, là où la radio crachote régulièrement des messages.

Squat dans la pièce principale du poste

Squat dans la pièce principale du poste

2 autres policiers arrivent et souhaitent apparemment transmettre un rapport d’information documenté à leur hiérarchie. Cela nécessitera de présenter nos passeports 2 ou 3 fois entre 6 heure du soir et minuit. Joie et bonheur…

Photo souvenir avec l'un des policiers

Photo souvenir avec l’un des policiers

Oui, c'était là le poste de police, sur les pilotis

Oui, c’était là le poste de police, sur les pilotis

Expériences intéressantes à chaque fois mais pas forcément très reposantes !

A bientôt pour un nouveau sondage…

Angkor à vélo !

 

Vidéo

[SONDAGE] Où avons nous dormi hier soir ?

Kompong-Cham, Cambodge, le 2 février 2016

A votre avis, dans quel lieu avons nous dormi hier soir et pour la 2ème fois depuis le début de notre périple?

Le gagnant recevra une carte postale dédicacée par tous les Cham à vélo !

 

Allez, vous avez quelques jours seulement pour nous donner votre réponse en utilisant les commentaires ! (1)

(1) Jeu gratuit sans obligation d’achat
Une seule réponse par personne – même nom, même prénom, même adresse courriel.
Règlement du concours disponible sur simple demande à Inès Chamussy – apprentie huissier de justice à Kompong Cham – Cambodge

 

 

Sur les routes de Thaïlande

 

Vidéo